Cela fait des mois que je me triture l'esprit sur l'orthographe de "vit", le voyant si souvent affublé d'un accent circonflexe évidemment tentant : une façon de le grandir peut-être (ne serait-ce pas, métaphoriquement, comme un point sur un i une sorte de gland sur le vit ?) ou de le couvrir d'un petit toit protecteur en ces temps de doute sanitaire...
Évidemment, son côté "enroulé autour" - puisque c'est cela que ça signifie - donne à cet accent circum fléchi des envies d'empoignade et l'on ne s'étonnera pas dès lors que ce soit les femmes qui écrivent le plus fréquemment VÎT ! Faites confiance à mes recherches statistiques : je suis imbattable pour faire dire aux quantités des qualités inattendues... Et donc nombre d'auteures et d'auteurs, même parmi les plus habiles à traquer la moindre faute, utilisent à tort ce diacritique diabolique d'usage complexe et au rôle effrayant en l'occurrence puisqu'il ne s'agit pas moins avec ce redoutable castrateur que d'amuïr ou de réduire à rien, un phonème ancien.
Merde alors, me direz-vous, vous n'y aviez pas prêté attention jusqu'alors...
Eh bien non : il n'y à rien à réduire ici ! D'abord, un vit ne se réduit pas, s'il vous plaît : on attend au contraire qu'il augmente ! Ensuite, et c'est toujours bon à savoir, Vit trouvant son origine dans le latin vectis : levier, barre... ... Ah ! Comme j'aime rappeler cette étymologie, cher lecteur mon frère... Donne moi un levier et je soulèverai le monde... ...
Pardon...
Où en étais-je ?
Oui... Vectis, où l'amuïssement se cantonne tout juste à l'aphérèse, mieux à la syncope.
Donc : VIT, sans accent circonflexe je vous prie...
D'ailleurs, en mettriez-vous un sur QUEUE, je vous le demande ?