Logement d'appoint (2) | F r e s h B l o g . n e t

Logement d'appoint (2)

- Bonsoir…

Judith glisse vers moi comme une apparition, succinctement vêtue d'un déshabillé noir et vaporeux dont la coupe et le tombé me figent sur place. Largement échancré sur les épaules, son décolleté lui dessine sur la poitrine un long triangle renversé qui plonge jusqu'à son nombril. C'est là que  se rejoignent enfin les deux pans du col, retenus par une fine ceinture. Au-dessous, le vêtement s'évase à nouveau paresseusement sur son ventre où fleurit une toison noire. Il flâne sur ses hanches en froufroutant, glisse en s'ouvrant le long de ses cuisses et tombe pudiquement jusqu'à ses pieds nus.

Involontairement je présume, Judith m'invite à une méditation géométrique : la triangulation des courbes ! Sorte de contradiction de l'esthétique féminine dont les douceurs ne s'arrondiraient que pour valoriser le delta de son intimité, trigone du plaisir frappé au coin du désir… Enchâssée dans la mousseline noire, la chair blanche de Judith dessine deux triangles de perfection opposés par la pointe, sablier où le temps ne s'écoule plus !

- Bonsoir, dit-elle encore…

Des ombres badinent entre ses seins, les frôlent et les sculptent d'estompes mouvantes, au gré de sa respiration qui soulève l'étoffe. Comme la houle… Ses aréoles brunes dont les pointes tutoient le liseré de son col, menacent de s'en échapper à chaque mouvement.
Elle vient vers moi, me tend une main. Que je veux prendre… Pour la lui baiser peut-être tant ce geste décalé me paraît de circonstance, mais elle s'avance encore et mes doigts frôlent son ventre où ils s'attardent et papillonnent…

- Vous prendrez bien quelque chose, dit-elle sans me quitter des yeux ?
Mes doigts musardent dans son buisson…
- Juste une goutte alors…

Nous n'avons pas bougé…
Sa main s'est posée sur mon pantalon, mes doigts se faufilent entre ses cuisses…
"Ne m'attendez pas !" crie Elsa depuis l'autre pièce… "Sers-toi G, j'arrive…"
J'ai refermé ma main sur la motte tiède d'Elsa…