Léger désordre | F r e s h B l o g . n e t

Léger désordre

Il y avait là Pierre, Félix, Jacques...
Et Vous bien sûr, l'Ange, qui pour une obscure raison vouliez me faire connaître certains de vos amis. J'ai vite compris que ces amis-là étaient quelques uns de vos prétendants, des hommes que vous n'aviez jamais eus mais dont l'évocation accompagne encore souvent vos caresses solitaires. Pour faire bonne mesure, j'étais venu avec Mathilde que je n'avais pas vue depuis longtemps et qui semblait vouloir rattraper le temps perdu... Une soirée...

Il aurait pu se faire que l'on se contente d'évoquer nos vies respectives, de boire et de rire. Mais quelque chose dans la moiteur de cette nuit où l'orage menaçait, l'attitude de Mathilde qui par défi me prenait par la taille ou posait ses mains sur mes fesses chaque fois que je vous adressais la parole, ou encore votre homme qui n'avait de cesse d'évoquer plaisamment le jour où il vous livrerait à l'un de ses amis... quelque chose devait dérégler nos sens ! La conversation prenait un tour inattendu. Quelqu'un a évoqué l'impondérable des rencontres. Pierre disait qu'il aurait pu vous épouser, Mathilde racontait à Félix comment j'avais, une nuit d'ivresse, fait l'amour à Elodie croyant que c'était elle. Jacques prenant ma défense, affirmait que dans certaines circonstances et dans le noir, une femme serait bien incapable de reconnaître son amant... Vous protestiez ! Je ne sais qui proposa de vérifier séance tenante et réclama des foulards que l'on noua promptement sur vos yeux et ceux de Mathilde...

Et l'on vous effleurait de nos mains, de nos doigts, de nos cheveux que l'on passait sur vos joues qui rosissaient un peu, sur vos bras dénudés, sur vos genoux découverts. Vous poussiez l'une et l'autre de petits cris rieurs et vous ne nous reconnaissiez pas, bien sûr. Alors, vous avez tenté de tricher, palpant les étoffes pour identifier une texture, un blouson, un pantalon... J'ai vu Mathilde poser carrément une main sur la braguette de Félix tandis que vous tâtiez innocemment les fesses de Pierre... "C'est vous, c'est vous !" Vous vous exclamiez au hasard, d'autant plus perplexe que Jacques s'enhardissait d'une main sous votre jupe. "Non, c'est toi !" Vous sembliez sûre de vous mais personne ne savait de qui vous parliez. La confusion était totale.

C'est Mathilde qui la première déclara qu'il faisait vraiment trop chaud. C'était vrai. Mais était-ce une raison pour qu'elle retire son chemisier ? La générosité de ses seins sous la dentelle noire de son soutien-gorge eut un effet dévastateur. Jacques, qui à mon avis avait bu un verre de trop, la fit se lever puis descendit le zip de sa jupe qui glissa très lentement le long de ses cuisses avant de d'atteindre le sol tandis qu'un silence moite se faisait dans notre petite assemblée. "Que se passe-t-il, avez vous dit... On ne joue plus ?" Il y eut pour vous répondre deux ou trois paires de mains qui entreprirent de vous dévêtir mais si délicatement que vous n'avez pas protesté...

Vous deviez vous demander qui osait... Qui déboutonnait votre robe, qui vous effleurait soudain le bout des seins, quelles mains saisissant votre culotte la descendaient avec lenteur, quels doigts frôlaient votre toison... Etait-il seul ? Étaient-ils plusieurs à vous effeuiller ainsi ? Et qui regardait ? L'incertitude vous faisait sans doute désirer que cela se poursuive. A l'abri de votre bandeau, vous n'aviez pas envie de savoir...

Sur le siège voisin, Mathilde avait subi le même sort. Vous vous en doutiez... Ce dont vous ne vous doutiez pas, c'est qu'au hasard de ses tâtonnements, elle ouvrait des pantalons, explorait innocemment slips et caleçons… Quelqu'un la guida jusqu'à vous... Elle mêla ses caresses aux nôtres... Cela, vous ne le saviez pas... Imaginiez-vous seulement que nous étions six autour de vous ? Lorsque vous avez senti une bouche tiède se poser sur chacun de vos mamelons, je crois que vous avez renoncé définitivement à compter ! Nous invitant sans pudeur à d'autres caresses, vous avez plongé votre main entre vos cuisses pour suivre du bout d'un doigt le sillon de votre fente et guidant ainsi la langue et les lèvres anonymes qui butinaient votre bouton... Votre autre main qui s'affolait sur votre ventre est remontée sur vos seins aux tétons dressés et vous les avez fait rouler doucement entre le pouce et l'index, fermant les yeux, la tête rejetée en arrière...

La suite fut un peu désordonnée ! On vous faisait l'amour passionnément, et vous ignoriez qui vous touchait, qui vous caressait, qui vous embrassait. Cette main qui palpait votre sein, cette bouche qui léchait votre mamelon, cette queue que vous agrippiez soudain, ce gland qui se frayait un chemin entre vos lèvres… A qui appartenaient-ils? Je vous ai vu sucer deux verges à la fois, les maintenant d'une seule main tandis que de l'autre vous me branliez avec ferveur. Mathilde vous subtilisa votre homme, épuisa d'une fellation magistrale le pauvre Jacques qui s'endormit bientôt dans un coin, ivre de plaisir et d'alcool… Elle entreprit Félix qui s'effondra à son tour.

Plus tard dans la nuit, alors que vos amis somnolaient vaguement, j'ai eu l'idée bizarre de vous attacher ! Vous vous êtes retrouvée les poignets liés au dessus de la tête et toujours aveuglée par votre bandeau, debout, nue, les jambes légèrement écartées, la croupe offerte, impudique … Je vous ai regardée longuement, avivant mon désir au spectacle de votre posture docile et j'ai choisi de rejoindre Mathilde, vous abandonnant dans le noir. Je suppose que vous m'avez entendu quitter le salon, que vous nous avez entendus, dans la pièce d'à côté... Mon souffle, ses gémissements à elle, qu'elle exagérait j'en suis sûr pour attiser votre envie... Le murmure de nos ébats que vous ne pouviez qu'imaginer faisait sans doute ruisseler le désir entre vos cuisses. Je ne souhaitais que cela...

Et ce matin vous m'écriviez ce mot :
"J'ignore combien de temps vous m'avez laissée ainsi, mais il m'a semblé que c'était interminable... Lorsque je l'ai entendue jouir (elle), je priais pour que ce soit mon tour, pour que vous veniez enfin me délivrer de ce manque cruel au creux de mon ventre…"

Vous ai-je fait attendre suffisamment, mon Ange ?