Seul sur une plage démesurée, je me réveillais d'une sieste bercée par la tranquille rumeur des vagues, nanti d'une érection qui avait dû intriguer les mouettes tant elle était incongrue dans cette immensité désertique…
A quelques instants de pudique affolement succéda le bien être indescriptible de l'homme nu… "Homme nu affichant sa virilité face à l'océan…" Allongé sur le dos, légèrement redressé sur mes coudes, je partis d'un rire un peu niais, considérant l'image totémique que j'offrais mais que personne, pensais-je, ne pouvais voir.
J'avais tort ! Elle apparut exactement dans l'alignement, entre mes pieds, là -bas au bord des vagues et de l'écume dont elle semblait sortir, nue, comme Aphrodite à sa naissance. Et sans aucune hésitation, elle avança vers moi d'une démarche souple qui faisait frémir ses seins à chaque pas… Hanches généreuses, ventre plat, infime toison dorée rehaussée de quelques gouttes d'eau qui brillaient dans le soleil : c'était une vrai blonde.
- Vous avez l'heure, me dit-elle ?
Je n'avais pas bougé.
- Heu… non !
Lorsqu'elle se laissa tomber entre mes jambes, je crus bêtement qu'elle voulait vérifier si j'avais une montre… Mais elle remit rapidement les pendules à l'heure si j'ose dire, puisque j'affichais déjà un midi majestueux, et entreprit sans façon de remonter le mécanisme. Horlogère de métier sans doute, elle obtint rapidement une tension optimum et vint soudain me chevaucher de manière un peu cavalière. Je n'eus pas le cœur de la désarçonner !
Elle était évidemment magnifique, cheveux au vent et légère comme un tiède zéphyr qui allait et venait sur moi glissant sur du velours. Du sable collé à sa peau, entre ses seins, s'écoulait doucement sur mon ventre, grain par grain au rythme de ses mouvements et s'enfouissait entre nous où je le sentais se mêler insolemment à notre intimité…
Puis le sablier explosa…
- Z'avez un téléphone ?
- Oh, oui ! Bien sûr… Zérosixzéroseptquarant…
- Non ! Votre portable, vous l'avez là , votre portable ?
Un peu secoué, je le lui tendis… Elle composa un numéro, patienta, recommença puis laissa tomber l'appareil sur ma serviette en s'exclamant "Ah ! Le con !" et s'éloigna vers les dunes ou elle disparut.
Au loin, un voilier blanc tirait des bords…
(Juillet 2006)