Ah, très Chère, vous vous demandez si je pense à vous ?
Enfin, au cas où vous vous le demanderiez : oui !
Oui, vous dis-je, et de façons diverses au fil de la journée...
Bien sûr, il y a des moments où je pense aussi à mon travail, à ceci ou cela, ou même à d'autres personnes, précieuses connaissances ou vieux amis (tiens, notamment à ... Mais peu importe, je digresse).
Si je pense à vous, donc ? Oui. Et tenez, pas plus tard que ce matin !
Non, pas immédiatement à mon réveil qui me laisse généralement assez "vaseux" pendant un petit quart d'heure... Un peu plus tard... Reprenant mes esprits devant mon café, sommairement vêtu d'un t-shirt léger, le sexe distraitement bandé...
Je ne sais quelle association mystérieuse entre lui et vous a favorisé une érection plus conséquente. Enfin... modeste, tout de même, n'exagérons rien... Je sais qu'il est de bon ton chez un homme de laisser croire à des tailles considérables et par conséquent à des turgescences hors norme, mais non !
J'ai alors envisagé d'un oeil torve l'heure matinale sur la pendule de la cuisine, j'ai imaginé avec un peu d'envie votre sommeil encore paisible sous votre couette douillette et, de fil en aiguille si je puis dire, d'évocation de douceur ou de tiédeur en visualisations diverses, l'évidence de votre intimité moite m'est apparue sournoisement et... Et là , foin de modestie, nom de Zeus, la chose a pris rapidement des proportions intéressantes. Mais bref (enfin non, justement, mais bon...), je vous épargne les détails...
Je suis donc resté quelques minutes ainsi, posé du bout des fesses sur ma chaise en paille, considérant le phénomène, philosophant un brin et me disant que nous étions vraiment peu de chose, nous les hommes, devant les mystères de la nature... Puis, pour satisfaire ma curiosité légendaire, je suis allé vérifier l'incongruité de la situation dans un miroir. J'y ai trouvé l'image d'un vieux satyre priapique à poil sous un t-shirt froissé, mal rasé, le cheveu hirsute, les yeux bouffis et le sexe inutilement dressé, tenant élégamment de sa main droite une tasse de café fumant, tandis qu'un journaliste insipide évoquait à la radio l'effondrement mondial des cours de la bourse !
Je n'avais pas le temps de m'attarder... Dommage, me dis-je, il faudrait bien qu'un jour j'arrive à fixer sur une photo ces curieux instants d'exhibition auto-satisfaisanteauto-satisfaisante qui attiseraient sans doute votre gourmandise, ou l'éteindraient à jamais...