4 CONTES D'HIVER | F r e s h B l o g . n e t

4 CONTES D'HIVER

Logement d'appoint (4)

La scène s'est figée, nimbée d'un léger flou artistique…

UnVerreScène banale, au demeurant. Deux femmes, un homme prenant un verre et bavardant de manière anodine… Une banalité que notre nudité ne semble pas égratigner. Je ne suis pas sûr d'avoir un jour imaginé une telle situation ! Deux femmes et un homme donc, nus et prenant un verre… Sur le vaste canapé grenat, Judith dont le serre-taille surligne de blanc la fente brun-rosé de son sexe lisse, et Elsa, poupée de porcelaine immaculée, n'était le triangle noir de son buisson… Elles devisent avec un naturel déconcertant… Ne me reste donc qu'à jouer le jeu de la rencontre mondaine, bien décidé que je suis à ne laisser rien paraître d'un trouble grandissant.

Logement d'appoint (3)

Immobilité statuaire, me dis-je…
Face à face, sans autre contact que nos regards croisés, la pointe de ses seins sur ma chemise, sa main sous ma ceinture et la mienne nichée entre ses cuisses épousant étroitement la courbe de sa chatte… Quelques autres pensées inattendues se bousculent dans une partie reculée de mon cerveau encore en veille : je n'ai jamais rencontré Judith que de loin en loin, et je ne me souviens même pas lui avoir serré la main un jour !

Logement d'appoint (2)

- Bonsoir…

Judith glisse vers moi comme une apparition, succinctement vêtue d'un déshabillé noir et vaporeux dont la coupe et le tombé me figent sur place. Largement échancré sur les épaules, son décolleté lui dessine sur la poitrine un long triangle renversé qui plonge jusqu'à son nombril. C'est là que  se rejoignent enfin les deux pans du col, retenus par une fine ceinture. Au-dessous, le vêtement s'évase à nouveau paresseusement sur son ventre où fleurit une toison noire. Il flâne sur ses hanches en froufroutant, glisse en s'ouvrant le long de ses cuisses et tombe pudiquement jusqu'à ses pieds nus.

Logement d'appoint

- Et… Tu dors où, quand tu viens à Paris ?

Question anodine… Quoique… A onze heures du soir, à l'issue d'un diner légèrement arrosé, posée par une femme brune aux longs cheveux défaits et à la poitrine somptueuse, la question mérite un instant de prudente réflexion… Je connais Elsa depuis quelques mois : ordinaires relations de travail chez un éditeur, rencontres épisodiques autour d'un verre... Ce soir, c'était un dîner rapide. En tête à tête : le hasard, à la sortie d'une réunion.

- Alors, tu dors où ?

Ai-je rêvé ?

Il me semble bien pourtant vous avoir accueillie dans une gare...

Une belle fin de journée. Je me souviens encore des reflets du soleil sur la verrière et du couchant doré qui m'éblouissait un peu lorsque vous êtes descendue du wagon… Vous êtes venue vers moi, vous avez hésité puis vous m'avez posé deux bises légères sur les joues et nous nous sommes perdus dans la foule bruyante du hall avant que la lumière de l'avenue ne nous aspire.

Julie

Tranquille promenade en ville...
Bras dessus, bras dessous, enlacés  ou main dans la main.
Ou sa main dans ma poche de pantalon !
Et sa petite main tiède qui s'agite, s'affaire et ne tient pas en place.

- Si tu continues, Julie, tu vas déchirer la couture et faire un large trou...
- C'est bien ce que je cherche... Ça vous contrarie ?

... Elle est arrivé à ses fins !
Et nous marchons l'un contre l'autre...
Ma main sur ses fesses, dans son Jean'
Ma queue dans sa main tiède qui s'affaire tendrement.

Variation 2 sur une porte entrebâillée

Contre-champ... Intérieur jour – Petit matin.

Elle ouvre les yeux...
Affalée sur son siège, étourdie de plaisir, frissonnant encore...
Ses mains dessinent de lentes volutes autour de sa toison...